Non, aucun code à composer ne prouve à lui seul qu'un téléphone est piraté : les codes de renvoi d'appel affichent aussi des renvois parfaitement légitimes, comme celui de votre messagerie vocale. Un vrai piratage se confirme par un ensemble de signes concordants (batterie, données mobiles, applications inconnues, comptes déconnectés) que l'on vérifie un par un.
Vous trouverez ici comment trier les signes qui comptent, la marche à suivre pas à pas sur Android et sur iPhone, et la procédure d'urgence si les vérifications confirment le problème.
Le parcours
Les étapes de cette page, dans l’ordre.
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01 Repérer un signe Un symptôme anormal vous met sur la piste : batterie, data, notification, lenteur.
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02 Vérifier Vous contrôlez les réglages concrets : renvois, applications, sessions, appareils connectés.
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03 Décider Vous tranchez entre bug, gêne passagère et compromission réelle.
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04 Réagir Vous isolez l'appareil, sécurisez les comptes, réinitialisez si besoin.
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Qu'est-ce qui prouve vraiment qu'un téléphone est piraté ?
Ce n'est jamais un symptôme isolé : c'est la concordance de plusieurs signes vérifiables sur l'appareil et sur vos comptes.
Un signe seul, comme une batterie qui se vide vite, a presque toujours une explication ordinaire. Ce qui change la lecture, c'est la concordance de plusieurs signes forts qui apparaissent ensemble. Le diagnostic se fait dans vos réglages et dans l'activité récente de vos comptes, jamais avec un code unique composé sur le clavier. Le tableau classe les signes du plus fiable au moins fiable.
Si le piratage se confirme, isolez l'appareil, changez vos mots de passe, puis réinitialisez si nécessaire. Vérifier vos réglages et vos sessions de connexion reste à votre portée. En cas de compromission avérée (rançongiciel, usurpation d'identité, fraude bancaire), ne tentez pas de diagnostic vous-même : contactez votre banque, un professionnel, Pharos ou cybermalveillance.gouv.fr.
Les signes classés par niveau de certitude
| Signe constaté | Niveau de fiabilité | Ce qu'il signifie |
|---|---|---|
| Application installée que vous n'avez jamais ajoutée | Fort | Quelqu'un a agi sur l'appareil ou un logiciel est arrivé avec autre chose |
| Renvoi d'appel actif vers un numéro que vous ne connaissez pas | Fort | Vos appels peuvent être déroutés vers une autre ligne |
| Mot de passe d'un compte refusé du jour au lendemain | Fort | La compromission touche souvent le compte avant l'appareil |
| Appareil inconnu connecté à votre compte principal | Fort | Une session active ailleurs lit vos données synchronisées |
| Consommation de données mobiles qui double sans usage nouveau | Moyen | Un logiciel transmet des données, mais une application légitime peut aussi le faire |
| Batterie qui se vide nettement plus vite | Faible | Souvent une application gourmande, une batterie vieillissante ou une mise à jour |
| Téléphone qui chauffe ou ralentit | Faible | Presque toujours matériel ou logiciel normal |
| Notifications ou sons inhabituels | Faible | Réglages, application légitime ou publicité |
| Écran qui s'allume seul | Moyen | — |
Un signe de niveau faible ne suffit jamais ; deux signes forts qui apparaissent en même temps justifient la procédure d'urgence.
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Piratage, espionnage ou simple bug : comment faire la différence ?
Trois situations différentes se ressemblent beaucoup dans les symptômes, mais pas dans les causes ni dans la réponse à apporter.
Le piratage classique vise vos comptes à distance : rien n'est installé sur le téléphone, c'est le mot de passe qui a fui. L'espionnage, lui, suppose un accès physique : quelqu'un a déverrouillé l'appareil et posé un logiciel de suivi, souvent un proche. Le SIM swapping se joue chez l'opérateur : on se fait passer pour vous, votre numéro part sur une autre carte et votre réseau se coupe d'un coup.
Avant de conclure au piratage, notez ce qui a changé et depuis quand. Un bug ou une batterie usée imitent les signes faibles à la perfection. Un changement net depuis quelques jours, que vous n'expliquez pas, justifie en revanche d'aller plus loin, surtout si un proche ou un ex a eu accès à l'appareil.
Piratage de compte
Quelqu'un utilise vos identifiants pour entrer dans votre messagerie, votre cloud ou vos réseaux. Le téléphone lui-même n'est pas modifié.
- Signe typique
- Mot de passe refusé, appareil inconnu dans les sessions
- Point d'entrée
- Hameçonnage ou fuite de mot de passe
Le point cléChangez le mot de passe du compte concerné et déconnectez les sessions.
Espionnage du téléphone
Un logiciel de surveillance installé sur l'appareil transmet messages, position ou micro. Il faut un accès physique au téléphone déverrouillé.
- Signe typique
- Application inconnue, permissions anormales
- Piste
- Une personne ayant eu accès à l'appareil
Le point cléPassez en revue les applications et leurs autorisations avant tout le reste.
Échange de carte SIM
Votre numéro est réactivé sur la carte de quelqu'un d'autre. Vous perdez le réseau et les codes de vérification partent ailleurs.
- Signe typique
- Perte de réseau soudaine et durable
- À faire
- Contacter l'opérateur sans délai
Le point cléAppelez votre opérateur pour faire bloquer la ligne.
Pour la suiteReste à voir ce que les codes à taper sur le clavier montrent vraiment, et ce qu'ils ne montrent pas.
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Les codes #21#, #62#, #67# et #06# : que montrent-ils réellement ?
Ces codes n'affichent que l'état de vos renvois d'appel et l'identifiant de votre appareil : ils ne détectent ni logiciel espion ni intrusion.
Un renvoi affiché par un code USSD n'est pas une preuve : votre messagerie vocale utilise elle-même un renvoi, actif dès que vous ne décrochez pas. Un renvoi vers un numéro inconnu, sur une ligne où vous n'avez rien configuré, mérite en revanche un appel à votre opérateur : il saura vous dire d'où il vient.
Le code qui affiche l'identifiant de l'appareil sert en cas de vol ou de revente, pas à diagnostiquer une intrusion. Aucun code ne lit vos applications, vos permissions ou vos sessions ouvertes : ces informations ne se consultent que dans vos réglages ou chez l'éditeur du compte. Si vous devez un jour communiquer cet identifiant, faites-le à un interlocuteur officiel vérifié, jamais dans un commentaire public.
Deux codes sont souvent cités. Le *#21# affiche si vos appels, textos et autres données sont détournés, et le *#62# indique vers où vos appels sont déviés (source : Panda Security). Les deux ne lisent que l'état des renvois.
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Comment vérifier pas à pas sur Android ?
Trois écrans de réglages suffisent à voir l'essentiel : les renvois d'appel, les applications récentes et les sessions de votre compte principal.
Pour savoir qui peut détourner vos appels, ouvrez l'application Téléphone et contrôlez les renvois d'appel : un renvoi actif que vous n'avez pas demandé signifie qu'un tiers peut intercepter vos appels. Comme votre opérateur configure aussi la messagerie vocale, comparez ce que vous voyez à l'écran avec ses réglages : un renvoi inconnu des deux côtés mérite votre attention.
Ensuite, parcourez la liste de vos applications récentes, car une application installée à votre insu reste le signe le plus courant d'une intrusion. Pour finir, ouvrez les sessions de votre compte principal : les appareils connectés que vous ne reconnaissez pas doivent être déconnectés, et le mot de passe changé depuis un appareil sûr.
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Vérifiez les renvois d'appel
Ouvrez l'application Téléphone, puis le menu des paramètres d'appel et la rubrique des renvois. Notez le numéro affiché pour chaque renvoi et comparez-le à celui de la messagerie vocale indiquée par votre opérateur.
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Listez les applications récemment installées
Dans Réglages puis Applications, affichez la liste et repérez celles que vous n'avez pas installées, en particulier celles sans icône visible sur l'écran d'accueil.
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Contrôlez les applications d'accès
Toujours dans Réglages puis Applications, ouvrez le menu des accès spéciaux : les services d'accessibilité et les applications d'administration de l'appareil donnent des droits étendus. Désactivez ce que vous ne reconnaissez pas.
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Comparez la consommation de données
Dans Réglages puis Réseau et Internet, ouvrez l'usage des données par application. Une consommation élevée sur une application que vous n'utilisez pas mérite une vérification.
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Passez en revue les appareils connectés à votre compte
Depuis un navigateur, ouvrez la page de sécurité du compte lié à votre téléphone et retirez toute session ou appareil que vous ne reconnaissez pas.
Pour approfondir
La section vous a montré quels écrans ouvrir. Voici la méthode qui repère un logiciel de surveillance dont le nom ne dit rien.
La piste des permissions
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Comment vérifier pas à pas sur iPhone ?
Sur iPhone, les points à contrôler sont les appareils associés à votre compte, le partage de position et les profils de gestion installés.
Trois contrôles couvrent l'essentiel sur iPhone. Chacun se fait dans les réglages, sans application supplémentaire.
Listez d'abord les appareils liés à votre compte : ouvrez les réglages, appuyez sur votre nom, puis faites défiler la liste des appareils. Tout appareil que vous ne reconnaissez pas doit être retiré, car c'est par là qu'un accès peut se maintenir. Vérifiez ensuite le partage de position dans les réglages, rubrique Confidentialité. Ouvrez le partage de position et la rubrique Localiser, puis retirez les personnes que vous ne connaissez pas. Contrôlez enfin les profils installés dans les réglages généraux : si la rubrique des profils et de la gestion de l'appareil existe, examinez ce qui est installé, car un profil de gestion permet à une organisation d'installer des applications et des règles sur votre appareil, et supprimez tout profil dont vous ignorez l'origine.
Pour approfondir
Un profil installé peut continuer à agir longtemps après la raison de sa présence. Voici comment le repérer et quand ne pas y toucher seul.
Le cas du profil
Pour la suiteCes vérifications faites, demandez-vous si l'intrusion vient plutôt de vos comptes que du téléphone lui-même.
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Et si l'intrusion vient de vos comptes plutôt que du téléphone ?
Dans une grande partie des cas, le téléphone n'est que la porte d'entrée : ce sont la messagerie, le cloud et parfois la banque qui ont été atteints.
Il est fréquent que le téléphone ne soit que la porte d'entrée. Un accès à votre messagerie permet de réinitialiser presque tous vos autres mots de passe, donc commencez toujours par là. Vérifiez ensuite les sessions et les appareils associés à votre compte principal, car un accès distant n'a besoin d'aucune application sur l'appareil.
D'autres signaux dépassent le cadre du téléphone : une opération bancaire inhabituelle, un changement d'identifiants refusé, un dossier de cloud synchronisé différemment. Si votre banque est touchée, contactez-la sans attendre, sans tenter de diagnostic vous-même. En cas d'usurpation d'identité ou de contenu illégal, signalez les faits sur Pharos ou cybermalveillance.gouv.fr plutôt que d'agir seul.
Sessions de la messagerie
Ouvrez la page de sécurité du compte et déconnectez toutes les sessions que vous ne reconnaissez pas, puis changez le mot de passe.
Adresse de secours
Vérifiez que l'adresse et le numéro de secours du compte sont bien les vôtres : s'ils ont été changés, vous perdriez la main sur la récupération.
Règles de transfert automatique
Dans les paramètres de votre boîte mail, cherchez les règles qui transfèrent ou masquent des messages : elles servent souvent à intercepter les codes de connexion.
Sauvegardes du cloud
Contrôlez les appareils enregistrés dans votre espace de stockage et retirez ceux que vous ne connaissez pas.
Opérations bancaires
Relisez les derniers relevés et signalez sans tarder toute opération que vous n'avez pas faite à votre agence.
Dates et heure de dernière connexion
Notez les connexions inhabituelles : elles servent de repère si vous devez déclarer les faits.
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Les signes d'hameçonnage qui mènent au piratage
L'hameçonnage est une porte d'entrée fréquente : trois signes suffisent à le reconnaître dans la plupart des messages reçus.
Un message qui réclame une action urgente sous peine de conséquence immédiate, compte suspendu, colis bloqué, paiement rejeté, cherche d'abord à vous faire cliquer vite. Regardez ensuite le lien réel. Même si l'expéditeur écrit le nom d'un service connu, l'adresse derrière le lien reste différente. Enfin, aucun service sérieux ne demande un mot de passe, un code reçu par SMS ou une phrase de récupération : un tel message n'est jamais légitime.
N'ouvrez pas le lien reçu, allez vous-même sur le site officiel par votre navigateur ou votre application. Si vous avez déjà saisi vos identifiants, changez le mot de passe du service concerné sans attendre et déconnectez les sessions ouvertes.
L'urgence
Le message exige une réaction immédiate et menace d'une conséquence fâcheuse. La précipitation empêche de vérifier l'expéditeur.
- Signal
- Compte suspendu, colis en attente, paiement refusé
Le point cléFermez le message et connectez-vous vous-même au service.
Le lien qui ne correspond pas
Le nom affiché imite un service connu, mais l'adresse réelle du lien pointe ailleurs. Le survol du lien suffit souvent à le voir.
- Signal
- Nom connu, adresse réelle différente
Le point cléNe cliquez pas et passez par votre application officielle.
La demande de code
Un message réclame votre mot de passe, un code reçu par SMS ou votre phrase de récupération. Aucun service légitime ne procède ainsi.
- Signal
- Demande de mot de passe ou de code de vérification
Le point cléNe transmettez jamais un code, même à un interlocuteur qui se dit officiel.
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Que faire maintenant : la procédure d'urgence
Si plusieurs signes de niveau fort se confirment, isolez l'appareil, sécurisez les comptes dans l'ordre, puis réinitialisez si le doute persiste.
L'ordre des gestes compte. Avant de toucher à vos mots de passe, coupez la connexion en activant le mode avion ou en éteignant le téléphone. Vous empêchez ainsi toute transmission pendant que vous reprenez la main sur vos comptes. Changer un mot de passe sur un appareil encore connecté revient à donner la nouvelle clé à quelqu'un resté dans la pièce.
Commencez par votre messagerie, puis le compte qui y est rattaché. C'est la clé qui ouvre tous les autres services. Ensuite, depuis les réglages de sécurité de chaque service, déconnectez les sessions et retirez les appareils que vous ne reconnaissez pas. Si le doute persiste, réinitialisez l'appareil. Et gardez en tête qu'aucun outil ne rend un appareil invulnérable. Vous réduisez le risque, vous ne l'annulez pas.
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Alors, comment savoir si mon téléphone a été piraté ?
Un signe isolé ne prouve rien : c'est le croisement de plusieurs indices sur l'appareil et sur vos comptes qui permet de trancher, et dans beaucoup de cas le problème vient des comptes plutôt que du téléphone lui-même.
La bonne méthode consiste d'abord à faire la différence entre un dysfonctionnement, une surveillance et une intrusion réelle. Un code comme #21# ou #06# ne détecte rien de tel. Il montre seulement l'état des renvois d'appel ou l'identifiant de l'appareil. En revanche, quelques écrans de réglages bien choisis livrent l'essentiel, que ce soit sur Android ou sur iPhone. L'hameçonnage est une porte d'entrée fréquente, alors observez aussi les messages suspects que vous recevez.
Si plusieurs indices sérieux se recoupent, l'ordre des actions fait toute la différence : coupez d'abord la connexion de l'appareil, puis sécurisez votre compte principal, généralement la messagerie. Changez ensuite les mots de passe et supprimez les sessions ouvertes que vous ne reconnaissez pas. Donner un nouveau mot de passe sans avoir déconnecté l'intrus ne sert à rien. Enfin, si le doute persiste, la réinitialisation reste l'option la plus fiable.
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